Alors que Cobol franchit ce mois-ci ses 60 ans d’existence avec une présence et une efficacité toujours aussi stratégique sur les applications d’entreprise et commerciales, IBM vient de présenter le z15, dernier membre en date de sa famille de mainframes Z. Annoncé aujourd'hui, le système est axé sur le traitement des charges de travail critiques en cloud hybride. Toujours à la 1ère place des dépôts de brevets dans le monde, IBM s’enorgueillit de mettre en œuvre dans ce z15, fruit de plus de 4 années de développement, plus de 3 000 brevets, obtenus ou en cours. Parmi les nouveautés, le constructeur américain met d’emblée en avant sa fonction de reprise instantanée - Recovery Boost - beaucoup plus rapide que sur les précédents modèles, pour limiter l’impact des temps d’arrêt, planifiés ou non. Avec le z14, IBM avait inauguré le chiffrement AES de bout en bout sur toutes les données gérées sur le mainframe. Sur le z15, le fournisseur renforce encore les fonctionnalités liées à la protection des données, dans un contexte mondial où chaque semaine des intrusions dans les systèmes d’entreprise entraînent le vol d’informations personnelles ou sensibles.

Pour atténuer l’impact d'éventuelles compromissions lorsque les données doivent être transférées dans d’autres environnements, la solution Data Privacy Passports, disponible sur le z15 et les plateformes LinuxONE III, permet d’empêcher les accès non autorisés, de révoquer l’accès aux données et d’en garder le contrôle même lorsqu’elles ont quitté le système. A travers Trusted Data Objects, intégré à Data Privacy Passports, la protection reste centrée sur les données. L’objectif est d’étendre la protection dans des environnements distribués et hybrides, incluant un stockage des données dans des clouds publics ou partagé avec des tiers. IBM souligne le risque de partage de données sensibles dans le contexte de la conformité au RGPD. « Souvent, nos clients ont besoin d’accéder aux données et aux résultats d’analyse en une fraction de seconde, avec la capacité de contrôler la confidentialité de ces données à un niveau granulaire », souligne Ross Mauri, directeur général d’IBM Z, dans un communiqué. Dans sa version 2.4, z/OS permet aussi, à travers Data Privacy for Diagnostics, d’occulter les données sensibles dans les fichiers de diagnostic pour éviter d’exposer les données, explique également IBM sur son site.

Jusqu'à 190 coeurs configurables

Au printemps 2018, IBM avait annoncé avec le ZR1 une version plus ramassée de son z14 livré moins d’un an plus tôt, conçue pour loger dans un rack standard de 19 pouces. Le z15 s’insère également dans des racks de 19 pouces, ce qui lui permet de cohabiter facilement avec les autres systèmes du datacenter. Il est proposé en configurations de 1 à 4 châssis. Par rapport au z14, l’espace requis au sol est réduit de moitié. Une appliance optionnelle proposée avec le z15 apporte des fonctions de console de gestion au sein du rack, ce qui dispense d’installer une console séparée. Le dernier né de la famille Z peut exécuter jusqu’à 1 millier de milliards de transactions par jour, supporter des bases de données massives et déployer jusqu’à 2,4 millions de containers Linux dans un seul système. Selon IBM, cela représente jusqu’à 2,3 fois plus de containers Linux par cœur, sur une partition logique de z15, comparée à une plateforme x86 bare-metal faisant tourner une charge serveur web identique.

Le z15 propose 12% de cœurs et 25% de mémoire en plus par rapport au z14. Le système est équipé d'une puce IBM 12 cœurs gravée en 14 nm en technologie silicium sur isolant et cadencée à 5,2 Ghz (le z14 s'appuie sur une puce 10 coeurs à 5,2 GHz). Avec le modèle T01 du z15, IBM fournit jusqu’à 190 cœurs configurables. Le T01 est disponible en cinq déclinaisons : Max34, Max71, Max108, Max145 et Max190. Chaque système peut disposer de 40 To de mémoire redondante indépendante (RAIM). Dans la fiche technique du z15, big blue précise que sa mémoire flash virtuelle (VFM) loge maintenant dans cette mémoire redondante, procurant des performances d’accès élevées. Jusqu’à 6 To d’options granulaires sont disponibles avec cette VFM. Parmi les nouveautés du z15, les capacités de compression de fichiers sont améliorées par un co-processeur spécialisé, l’Integrated Accelerator for zEDC (zEnterprise Data Compress), qui vient remplacer l’adaptateur zEDC des précédents modèles et étendre la compression à davantage d’applications.

Des charges de travail Docker Linux on Z

Concernant le développement d’applications sur le z15, DevOps for IBM Z apporte un ensemble d’outils pour maintenir et moderniser les applications sur les mainframes Z et les plateformes cloud hybrides. A travers Zowe, le framework open source pour z/OS, l’intégration est possible avec divers outils tiers tels que Git, Jira, Jenkins et SonarQube. Les compilateurs IBM peuvent exploiter l’architecture du z15 pour des intégrations trans-plateformes s’appuyant sur Java, Swift ou Node.JS.

Au nombre des points importants, IBM souligne toujours la possibilité de faire cohabiter des charges de travail z/OS et Linux on Z. Dans le domaine des applications conteneurisés, z/OS Container Extensions (zCX) permet aux développeurs de bâtir et déployer sur zOS des charges de travail Docker Linux on Z. IBM escompte ainsi réduire les freins à développer sur la plateforme Z tout en permettant aux charges de travail d’hériter des caractéristiques de la plateforme : haute disponibilité, récupération après sinistre, mise à l’échelle, gestion des charges de travail et intégration avec la sécurité z/OS. Enfin, dans le domaine de la blockchain, IBM signale aussi l'intérêt d'associer son dernier modèle Z à sa plateforme Blockchain pour constituer une solution d'entreprise sécurisée s'appuyant sur cette technologie distribuée.

Une tarification inspirée de la consommation du cloud

En mai dernier, en même temps que la prise en compte des images Docker sur sa famille Z, IBM avait annoncé son intention de faire évoluer sa tarification pour l'adapter au mode de consommation du cloud. Ce modèle Tailored Fit Pricing s'appliquera aussi au z15. Pour IBM, ce dernier présente toutes les caractéristiques pour aider les entreprises à poursuivre leur transformation numérique vers le cloud en s’appuyant sur une plateforme haute disponibilité et très sécurisée. Le constructeur rappelle qu’elles ont pour l’instant transféré un cinquième de leurs applications dans le cloud et s’estime bien placé pour les aider sur les 4/5èmes restants.

Source : Le monde informatique